La Fille au Drapeau

Court métrage France
1 505 € levés sur 1 500 €
100 %
21 coprods
Campagne bouclée
le 12 octobre 2012
Partager ce projet :

Le pitch

Julie, jeune étudiante, trouve un job de vendeuse dans un magasin de vêtements. C'est son premier jour. Elle fait connaissance de ses deux supérieurs Claire et Patrick, le directeur du magasin.Les absences répétées de Patrick dans un petit bureau fermé et dont l'accès lui est formellement interdit commence à intriguer Julie. D'autant plus que ces absences coïncident toujours avec les rencontres troublantes que Julie fait au cours de sa journée. Les doutes de Julie se confirment lorsqu'elle se rend compte qu'une jeune cliente du magasin a disparu alors qu'elle se changeait dans les cabines d'essayage. Que se passe-t-il derrière la proprette devanture du magasin, et dans les cabines d'essayage lorsque les rideaux sont fermés ?

Le porteur de projet

Les Films de l'Ours France voir mon profil

Présentation du projet

     Lorsque la Mécanique et les Films de l'Ours m'ont demandé d'écrire un film s'inspirant des légendes urbaines, j'ai tout de suite pensé à ce livre d'Edgar Morin "La rumeur d'Orléans" que j'avais lu quelques années auparavant. L'auteur y étudie la propagation d'une rumeur d'un nouveau type, qu'on appellera plus tard légendes urbaines, qui rejouait sous une forme souvent sordide les peurs des populations face aux évolutions de la société moderne. Dans les années 60, on découvrait les grands magasins de vêtements et on s'inquiétait de cette nouvelle industrie du corps féminin. La cabine d'essayage fut l'élément de cristallisation de ces peurs. On disait que certains directeurs de magasin orléanais y enlevaient leur clientes pour en faire des prostituées. 

La cabine d'essayage m'a semblé un bon élément spatial pour un travail cinématographique. Symbole des sociétés consuméristes, la cabine d'essayage permet d'y rejouer toutes leurs contradictions. C'est un faux espace intime où l'on se regarde, où l'on s'amuse à essayer des vêtements que nous n'oserions porter dans la rue, un lieu où l'on se déguise. Pourtant lorsque l'on se défait de notre nouvel accoutrement, nous sommes nus dans un espace d'une blancheur clinique et impersonnelle. On se croyait à l'abri, mais l'on se rend compte soudain que nous ne sommes protégés des voyeurs que par un fin rideau de tissu. On s'y sent un autre, on s'y sent plus fort, pourtant nous y sommes incroyablement vulnérables. 

Lors de l'écriture, mes principales influences furent celles d'un cinéma des années 70 à l'écriture très libre, contemporain de ces questionnements, notamment Deep end de Jerzy Skolimowski ou encore certains films de Brian De Palma. Deep end met justement en scène cette forme de prostitution tacite qu'il peut y avoir dans la relation d'un vendeur à son client, et c'est en étudiant le second que j'ai eu l'idée de moderniser cette vieille histoire. Aujourd'hui, le viol de l'intimité n'est plus seulement l’œuvre d'un voyeur physique, reconnaissable. Les caméras de surveillance nous surveillent sans cesse, enregistrant nos moindres faits et gestes. Notre corps est sans cesse pris en photo, filmé par des inconnus sans visages, derrière leur ordinateur. Nous nous sentons volés de quelque-chose de nous-même, comme le vêtement manufacturé pouvait sembler aux esprits des années 60 une désappropriation de son corps.

La fille au drapeau a donc la prétention de mettre en scène la lente domination de son corps par l'autre et par le désir de l'autre. Le film sera un itinéraire de plus en plus dérangeant, de plus en plus inquiétant vers le cauchemar. En cela, il sera proche de ce qu'a pu faire Darren Aronofsky dans son film Black Swann, lui aussi très influencé par le cinéma des années 70.

L'équipe du projet

l'équipe

  • Guillaume Namur Anthony Faure Claire Suco Christine Hooper Mathilde Caro

Actualités

Soyez le premier à laisser un message à propos du projet, afin d'échanger avec Les Films de l'Ours et les autres coprods !

Coprods (21)

Voir tous

Voir tous